Catégorie : Spirituel

Les plantes sont-elles intelligentes?

Tout a commencé par la lecture d’un article scientifique fascinant de Michael Pollan “ The Intelligent Plant”, paru en 2013… Je l’ai lu et relu, découvrant une discipline aussi fascinante que controversée! Cet artisle a aussi fait l’objet d’une chronique à Nous TV, la tv communautaire de Cogéco, dans l’émission On Jase avec Pélo du 27 octobre 2017.

 

Table des matières

La controverse!…………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 1

Les découvertes……………………………………………………………………………………………………………………………………………………. 1

Elles se distinguent…………………………………………………………………………………………………………………………………………… 3

Conclusion……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………… 3

Bilbiographie :…………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. 4

 

 

La controverse!

L’article fait donc état d’une controverse dans le milieu scientifique : peut-on attribuer une caractéristique aussi anthropocentrique (l’intelligence) à un végétal? Après tout, on dit bien des téléphones, des puces électroniques, des ordinateurs et des robots qu’ils sont « intelligents »? Mais ne faut-il pas un centre, un cerveau, des neurones pour se prétendre « intelligent »?

 

Plusieurs découvertes de la neurobiologie tendent à pencher vers une solution beaucoup plus complexe… intelligence, communication, mémoire, conscience et douleur ne sont peut-être (sans doute) pas l’exclusivité des animaux et des humains finalement…

 

Ainsi tous les scientifiques s’accordent pour dire que les récentes découvertes (dont je vais faire état plus bas) sont remarquables : les données sont excitantes! Mais on ne s’accorde pas sur l’interprétation de ces données et, en aval de cela, sur la définition des concepts qu’on tente de mettre en lumière!! « Intelligence, Mémoire, Conscience et Perception de la Douleur » ont des définitions anthropomorphiques standard mais on peut aussi leur trouver des définitions plus démocratiques (un pas que les neurobiologues n’hésitent pas à franchir)! Le débat en est un philosophique autant que scientifique et donc… c’est véritablement un débat de sémantique!

 

Les découvertes

Mais voyons de plus près de quoi il s’agit! Plusieurs expériences scientifiques et découvertes sont absolument fascinantes et démontrent les trésors d’adaptation du règne végétal! Gageons que votre respect pour ces êtres se confirmera!

 

  • Heidi Appel, une écologiste en chimie de l’Université du Missouri et Ian Baldwin écologiste américain ont fait plusieurs découvertes intéressantes; les plantes à qui on fait « entendre » une chenille manger des feuilles se mettent à produire un cocktail chimique pour se préparer à une attaque imminente.

Qui plus est, quand les feuilles de cette plante sont mangées par des insectes, elles choisissent une action parmi les suivantes : a) Émettre un composé chimique volatile pour signaler à ses voisines le danger qui s’en vient et leur permettre de se préparer à se défendre. Il est intéressant de note que l’information contenue dans ces composés chimiques parle de l’identité de l’insecte! b) Émettre un composé chimique qui rend les feuilles mauvaises au goût du prédateur. c) Émettre un composé chimique qui rend les feuilles toxiques! Ou d) Envoyer des composés chimiques volatiles qui attirent les prédateurs des insectes ravageurs!

 

 

  • Stefano Mancuso, un physiologiste des plantes Italien, a découvert que les racines des plantes « sentent » et cherchent les tuyaux qui contiennent de l’eau, même si ces tuyaux sont complètement secs à l’extérieur. Ils ont donc une « ouïe » très sensible (dont on ne connaît pas encore tous les secrets) adaptée à la recherche de l’or bleu!…
  • L’extrémité des racines est apte à distinguer les racines des autres plantes par opposition à ses propres racines. Elles peuvent aussi distinguer si les racines étrangères sont d’une autre espèce ou de la même espèce qu’elle.
  • 4 Cakile edentula ont été transplantées dans un même pot; les plantes ont alors réduit leur comportement de compétition habituel (en nature) et ont partagé leurs ressources! Ainsi quand la compétition n’est pas optimale à la survie, on opte pour la coopération!

 

  • Monica Gagliano (Écologiste des animaux de l’Université de l’Australie) a conduit une expérience fascinante avec le Mimosa pudica, une plante qui a la faculté de refermer ses feuilles en quelques secondes quand elles sont en danger. Un système contenant 50 pots dans lesquels était plantées un mimosa leur fait faire une chute de 15cm à toutes les 5 secondes. La chute provoque la fermeture des feuilles du mimosa. Après 4, 5 ou 6 chutes, les mimosas rouvraient leurs feuilles, concluant que le stimulus pouvait être ignoré car non-dangereux. Fatiguée peut-être ce mimosa, me direz-vous? Non car si on brasse la plante, elle se referme! Après la phase « d’habituation », la plante ne se referme plus du tout… même après 28 jours de pause! Clairement, il y a un mécanisme de bio-mémoire et de bio-apprentissage! Rappelons qu’une abeille a une mémoire ne dépassant pas les 48 heures!

 

 

  • Pour Suzanne Simard, écologue canadienne, il ne fait aucun doute que les arbres font preuve de coopération, de solidarité générationnelle, de maternage, qu’ils ont conscience de leur famille et nourrissent un réseau communautaire! Ainsi, les arbres-mères utilisent leur réseau souterrain de racines pour nourrir ses semences qui ne reçoivent pas assez de lumière jusqu’à ce que les arbres aient atteint la lumière! Et ils sont capables de reconnaitre leurs propres enfants des semences étrangères! Elle a conduit une expérience dans laquelle elle introduit des isotopes de carbone radioactifs dans des arbres d’une forêt. En quelques jours tous les arbres dans une région de 30m carrés contenaient les isotopes, particulièrement les enfants de ces arbres! Grâce à ce stratagème, elle a pu déduire que les plus vieux arbres fonctionnent comme des centres de distribution vers les plus jeunes! De plus, on sait maintenant que les sapins utilisent le réseau de mycorhize (des champignons souterrains) pour échanger des nutriments avec les bouleaux selon les saisons! Cette communauté forestière ne parle-t-elle pas de la valeur de coopération pour augmenter la résilience?

 

 

Elles se distinguent…

Du fait de leur non-mobilité, les plantes ont développé toutes sorte d’ »habiletés »! Elles ont un design modulaire leur permettant de perdre jusqu’à 90% de leur corps sans mourir. Rien de tel dans le règne animal. Elles ont aussi 15 à 20 sens (analogues à nos 5 sens…) et 700 sortes capteurs sensoriels mécaniques, chimiques, lumineux et thermiques qui sont en général plus sensibles que les nôtres! Elles produisent toutes une gamme de composés volatiles, un cadeau de biochimie que l’être humain utilise beaucoup dans sa médecine depuis des lunes. Son vocabulaire moléculaire complexe comprend plus de 3000 composés chimiques (un être humain utilise environ 700 mots quotidiennement, ça donne le ton des habiletés en communications n’est-ce pas?).

 

Conclusion

Comment les plantes font elles tout ça SANS cerveau reste encore aujourd’hui un mystère non-résolu.

 

À quoi vont donc nous servir ces découvertes et pourquoi devrait-on continuer à faire des recherches dans ce sens??

 

Bien d’abord pour élucider les mystères du fonctionnement, de la création et de l’entreposage de la mémoire. Clairement, cette fonction ne nécessite pas un cerveau pour être accompli… alors quoi? Plusieurs chercheur penchent vers le réseau comme solution : un peu comme les essaims d’abeilles, les nuées d’oiseaux volant à l’unisson, les bancs de poissons, les fourmilières. Nos neurones sont elles plus un réseau qu’un centre de commandes? À confirmer!

 

Ensuite, pour développer de nouvelles technologies en bio-inspiration! De meilleurs ordinateurs, des robots explorateurs des sous-sols ou des planètes, des modèles de transport plus efficaces, etc… Pour aider nos espèces végétales en agriculture à se reconnaitre, à coopérer avec d’autres plantes utiles tout en restant en forte compétition avec les herbes adventices et en les aidant à mieux résister aux ravageurs, tout ça sans les manipuler génétiquement!

 

Enfin pour recadrer notre relation et notre respect envers ces êtres qui vivent dans une dimension beaucoup plus lente que la nôtre, ce qui est peut-être la raison de notre faible empathie envers eux et nous empêche d’apprécier à sa juste valeur leur « intelligence ». À d’autres époques, on faisait souffrir les bébés et les animaux en pensant qu’ils ne ressentaient pas la douleur… peut-être est-ce aussi le cas des végétaux?

 

Et puis en attendant que la science nous dévoile tous les secrets des plantes, il m’apparait urgent que nous rétablissions le respect auquel ont droit les individus du règne végétal… Comme nos ancêtres amérindiens, réalisons que nous avons bien plus besoin d’eux, qu’eux de nous… revoyons nos pratiques de modifications génétiques, de monoculture, de bonsaïs et de coupes forestières à la lumière de ses informations…

 

Et puis, ça pose l’épineuse question : doit-on arrêter de manger les plantes? Non, bien sûr, elles sont « conçues » pour ça! Mais selon moi, tout est dans l’attitude, le respect et la gratitude! Gageons que toutes ces découvertes scientifiques auront l’effet de rapprocher hommes et plantes…

 

Pour une architecte paysagiste thérapeutique et spirituelle, c’est une perspective des plus encourageantes!

 

 

 

Bilbiographie :

http://www.slate.fr/story/105137/plantes-intelligentes-droits

http://michaelpollan.com/articles-archive/the-intelligent-plant/

http://planete.gaia.free.fr/vegetal/botanique/intelligence.html

 

 

SaveSave

Quand « Potager » rime avec « Rayonner »: Les 4 pilliers d’un potager rayonnant!

Je vote pour un changement de citation… On entende souvent : « En avril ne te découvre pas d’un fil… »Je propose :

 

« En avril, jardinier fébrile,

en Mai, jardinier enflammé reconnecte avec son potager,

en juin jardinier refait son teint! »

 

Je ne sais pas pour vous, mais moi je commence à souffrir du syndrome du manque de légumes frais!! Si vous êtes comme moi, la succession de tempêtes de neige, de verglas et de pluie, ça creuse l’appétit, ça donne des fourmis dans les jambes… Les skis sont remisés et  on rêve des récoltes qu’on se promet bien de faire cet été!

Vous ne m’en voudrez pas trop, j’espère, de vous mettre l’eau à la bouche alors que la terre est encore bien gelée!  Avril, c’est le moment idéal pour planifier un potager…

 

Plusieurs d’entre vous m’ont posé des questions techniques, en particulier sur le compagnonnage… Je prends un peu de recul avant de sauter sur ce sujet parce qu’à mon avis plusieurs aspects d’un potager gagnant (rayonnant!) sont à vérifier avant de se lancer dans le compagnonnage!

 

Ce sera donc un article (et une chronique) en 3 parties:

1-les 4 piliers du potager rayonnant,

2- Les théories qui éclairent et

3- Le compagnonnage, c’est brillant! 

 

Cet article fait suite à la chronique « paysages » de l’émission « On Jase avec Pélo » à la TV de Cogeco Estrie, diffusée les 7, 8 et 9 avril 2017 .

 

Commençons donc aves les 4 piliers du potager rayonnant!

1-Le sol:

le sol est vivant

Eh oui, le sol est vivant et au de-là de son Ph, de son humidité, de sa composition en nutriments et en minéraux, on y trouve beaucoup beaucoup d’êtres microscopiques, bactéries, champignons et autres (du moins l’espère-t-on). Le sol est vivant, il faut donc lui vouer tout le respect auquel il a droit et il faut le nourrir…! Comment fait-on cela?

La paix!

D’abord, une fois que votre potager est bien en place, il convient de le laisser en paix : c’est-à-dire d’éviter de le retourner, de le bêcher, de le labourer, de le piétiner et de le compacter… Primordial… Tous ces micro-organismes qui sont essentiels et qui vivent en harmonie et en symbiose avec les plantes que vous allez vouloir y faire pousser, eh bien ils ont besoin d’espace et d’eau…. Ce qu’un sol compacté ou retourné ne leur fourni pas.

BRF

Ensuite, bien sûr il faudra lui donner un peu d’amour (héhé!) en enlevant les mauvaises herbes et en lui ajoutant du paillis forestier qu’on appelle aussi du BRF (Bois Raméal Fragmenté) ou de la « rip » (en bon latin). Pourquoi celui-là plutôt que le paillis de cèdre? Parce qu’il contient plusieurs essences d’arbres (à prime abord, on privilégiera les feuillus aux conifères) et plusieurs dimensions de copeaux. Après avoir accompli sa job de barrière contre les mauvaises herbes, le BRF viendra donc se décomposer lentement et faire office d’engrais…

Tout ça, en conservant l’humidité dans le sol et en éliminant l’érosion des sols… C’est ti pas magique et rrrrrayonnant ça?? Et avec un peu de chance, vous l’aurez gratuitement ce BRF en communiquant avec le service à la clientèle d’Hydro-Sherbrooke, Hydro-Qc ou tout autre émondeur local. Pour ma part, vous me verrez à tout coup courir après le camion d’émondeurs quand je les vois passer dans ma rue!! Ben oui, c’est de l’or en barre, ce BRF!

 

Deux exceptions :

Les légumes fruits qui aiment les sols chauds (tomates, poivrons par exemple) auraient avantage à être dégagés du paillis car ils aiment la terre plus chaude… Le paillis retardent les chauds rayons de soleil de réchauffer la terre.

Le semis ne peuvent germer s’ils sont recouverts de paillis. Et on ne peut les semer directement sur le paillis non plus! Il faut donc tasser le paillis, semer, attendre que les plants soient bien formés et suffisamment grands pour replacer le paillis autour sans les abimer!

 

 

  1. Végétaux

Monoculture vs biodiversité

D’abord, votre potager n’est pas un champ agricole industriel. Et de toute façon, qu’on se le tienne pour dit : la monoculture n’a plus sa place en 2017. Il est temps de donner au potager la couleur de la créativité! À bat les rangs d’oignons, les carrés de tomates et les rangées de concombres! En mettant tout en ordre comme ça, vous facilitez la vie aux insectes ravageurs et aux maladies comme un touriste dans les rues de New York… Mélangez-moi tout ça, plantez-les en forme de cœur, alternez, mélanger, combinez, métissez, séparez… please!

Semences bio

Ensuite, est-ce que j’ai besoin de vous vanter les innombrables avantages de se procurer des variétés bio? Je ne dirai que deux choses : c’est bon pour votre santé et pour l’environnement!

Les variétés du patrimoine

Par contre, tous ne connaissent pas les variétés du patrimoine et encore moins les avantages qui se rattachent à ce type de semences… Alors voici mon petit laïus à ce propos :

Au fil du temps, les grandes entreprises ont délaissé certains légumes parce qu’ils ne répondaient pas à leurs critères économiques et industriels. Ces critères sont le transport (des milliers de km par camion, par avion et par bateau), l’uniformité (ex. il faut que 48 tomates entrent dans une boite de dimension standard, pas une de plus, pas une de moins), de conservation (entreposés en grandes quantité, les légumes murissent plus vite). Vous voyez le topo!

Mais vous, TPP (très petit producteur) vous allez rayonner (croyez-moi) de remplir vos paniers de tomates étranges et colorées, de poivrons de toutes les grosseurs, de citrouilles difformes… C’est comme un « kinder Surprise » du potager!… Ce faisant, vous découvrirez des variétés uniques, antiques et des goûts particuliers et authentiques tout en préservant un héritage légumier qui évidemment a tendance à réduire comme une peau de chagrin… oui c’est triste…

 

  1. Contexte :

  • Bien sûr, qui dit potager dit ensoleillement; Ils vont de paire ces deux-là! Les légumes ont besoin d’un minimum de 8 heures d’ensoleillement par jour, idéalement aucune ombre du tout… Et préférablement le soleil du matin plutôt que celui de l’après-midi… Mais à l’impossible nul n’est tenu : faites ce que vous pourrez avec le terrain que vous avez!!
  • Dans le meilleur des mondes, votre potager est tout près de la cuisine et d’une source d’eau facile à manipuler et/ou transporter… c’est de l’ergonomie 101… On est tous un peu paresseux (hum, hum!) et la facilité engendre un meilleur taux de succès de notre potager rayonnant!
  • Enfin, évitez la compétition racinaire des grands arbres, des arbustes et d’autres plantes envahissantes : ils iraient chercher tous les nutriments et vous laisseraient des légumes bien chétifs!

 

  1. Et l’amour dans tout ça?

Eh oui, l’amour… Comment fait-on cela, donner de l’amour à son potager? Eh bien ici l’imagination n’a pas de limite, en autant que ce soit doux et harmonieux! Ce pourrait être une petite œuvre d’art qui trône au centre du potager ou qui offre son support aux légumes grimpants (voir l’art végétal d’Isabelle Coiteux : https://www.facebook.com/Art-végétal-1709368909309819/?pnref=lhc ).

 

 

Pourquoi ne pas lui chanter de douces mélodies? Ou encore l’arroser de quelques rires d’enfants provenant du carré de sable juste à côté. Vous pourriez aussi l’abreuver des plus beaux poèmes de votre cru… Oui, l’intention et les paroles sont des fetilisants autant pour les gens que pour les plantes! Voir à ce propos les recherches incroyables du Dr Masaru Emoto : http://www.masaru-emoto.net/english/water-crystal.html)

 

 

Dans la prochaine chronique, j’aborderai les diverses théories qui accompagnent et titillent les jardinier du 21e siècle! Que choisir, qui croire, par où commencer qu’ont-elles en commun? Que choisir?

 

 

Et vous, votre projet de potager, il en est où?

Des questions? Des commentaires? N’hésitez pas à me contacter!

Jardins Thérapeutiques

Vous pourriez choisir des végétaux à l’aveugle et les placer à peu près n’importe où sur votre terrain et déjà, vous auriez un aménagement qui aurait participé à votre santé…  Pourquoi? Simplement parce que vous avez connecté avec votre environnement, les deux mains dans la terre!

Mais ce ne serait pas un jardin thérapeutique! Qu’est-ce que ça prend pour pouvoir porter ce vocable?

La nature, thérapeutique par essence

À l’issue de laborieux calculs statistiques et de recherches scientifiques menés dans plusieurs pays, on sait maintenant que l’interaction passive ou active avec la nature

  • diminue la violence, l’impulsivité et les agressions,
  • améliore les relations familiales et de couple,
  • diminue la fatigue mentale, le stress et la myopie
  • a des effets positifs sur l’humeur et engendre même un sentiment d’euphorie,
  • permet une meilleure concentration, un système immunitaire plus performant, une meilleure santé des os
  • améliore les symptômes de l’hyperactivité et du déficit d’attention, la résilience, l’empathie et la vitalité
  • améliore la détresse émotionnelle et la souffrance physique des patients, des familles et du personnel soignant en milieu hospitalier.
  • assure une meilleure récupération des patients hospitalisés qui demandent alors moins d’analgésiques, subissent moins de complications et rentrent chez eux plus tôt… (wow…)

 

La base

À la base du Jardin thérapeutique, deux théories :

  1. Celle de la biophilia par le Psychologue Social Erich Fromm qui se définit comme : « la passion innée que tout humain a pour la vie, l’humanité et la nature ». Dérivé du latin bio (vie) et philia (attirance);
  2. La théorie de « l’esthétique de l’environnement» par le Géographe Jay Appleton qui suppose que les préférences esthétiques, artistiques et en aménagement dérivent des perceptions de ce dont nous avons besoin pour la survie. Bien que nous ne soyons plus des chasseurs-cueilleurs, nous répondons encore positivement à une organisation qui aurait permis la survie de notre espère : refuge, sécurité, nourriture, eau, lumière et air frais.

Pour obtenir le vocable de « thérapeutique », certains critères s’appliquent! Le jardin thérapeutique est dessiné et pensé pour une population spécifique avec pour intention d’améliorer la santé des utilisateurs. Ainsi,il y a tout un paquet de critères auxquels il faut penser pour le bien-être des usagers: l’ombre, les endroits pour s’asseoir, le control de l’usager sur son environnement, l’intimité, le langage des formes, la présence ou non de bassins d’eau, l’entretien prévu à court-moyen et long-terme, les vues possibles de l’intérieur, l’accès à la lumière naturelle de l’intérieur, le degré de fragilité des usagers, les qualités désirables des plantations proposées et la connaissance de la toxicité relative des plantes utilisées, la connection passive et active que cet aménagement peut apporter, gestion des vents, etc…

 

Ainsi, « planter n’importe quelle plante n’importe où » sur votre terrain vous apporterait un bien-être immédiat, mais parions qu’à moyen et long termes, vous éprouveriez quelques inconforts!

À qui s’adressent les Jardins thérapeutiques?

 

Les jardins thérapeutiques sont un accompagnement aux populations à risque ou fragilisées (les gens ayant une maladie chroniqus, maladie mentale ou maladies dégénérative, sénescence, fin de vie, problèmes de comportement, etc), mais ils constituent aussi un formidable outil de prévention et un support naturel et non-invasif pour les soins à prodiguer aux humains de tous âges! Supportés par de nombreuses recherches scientifiques ainsi que des des bases de données sur le design ergonomique centré sur l’humain (« Human centre design »), les Jardins Thérapeutiques constituent un médium de choix dans l’atteinte d’objectifs de pédagogie et de mieux-être.

 

C’est pourquoi j’ai orienté ma pratique non pas sur les modes passagères, les designs en vogue et les mobiliers de l’heure (sans les exclure) mais bien sur la spécificité des clients et des usagers qui cherchent à vivre une saine spiritualité en lien avec leur santé et un havre de repos dans un monde où la frénésie, les écrans et le multi-tasking constituent la base du quotidien!

Des radeaux, des racines et des cîmes

Aujourd’hui j’ai le gout de vous faire pénétrer le monde des arbres… au delà d’un être vivant recouvert d’écorce! J’ai découvert Francis Hallé à la radio et son discours m’a fasciné! Je me suis ruée à la bibliothèque et ai emprunté tous ses ouvrages! Les j’ai dévorés l’un après l’autre et j’aj pensé vous en offrir parmi mes plus belles découvertes!

Ce qu’est un arbre…

 

Tout le monde sait ce qu’est un arbre n’est-ce pas?

Bizarrement, même Francis Hallé, ce scientifique de renommée internationale, botaniste, biologiste, dendrologue, découvreur de l’ « Architecture botanique » et explorateur de la canopée tropicale sur son Radeau des cîmes, peine à trouver une définition qui convienne parfaitement!… Bien qu’il leur ait consacré toute sa vie et contribué à renouveler notre regard sur leurs modes de fonctionnement, il avoue que plus nous en apprenons sur les arbres, plus nous réalisons l’ampleur de notre ignorance vis-à-vis eux!…

On pensait Une définition de l’arbre jonglerait avec la taille; certains sont de très grands (jusqu’à mètres), d’autres n’ont que des racines et des feuilles qui sortent de la terre, pas de tronc! Il faudrait aussi statuer sur les caractéristiques physiques ; sur les 70 000 espèces d’arbres connus présentement, certains ont des racines qui creusent jusqu’à mètres sous terre, d’autres des racines aériennes ou très superficielles, certains font des rejets, d’autres pas, des arbres ont le bois « mou », les autres sont qualifiés de bois « dur » ou « noble », on peut en manger mais certains sont à la fois thérapeutiques et toxiques !

 

Et que dire de ceux qui sont potentiellement immortels ?

De quoi est constitué un arbre ? Les centaines de mètres cube de bois (qui peuvent aller jusqu’à des milliers de tonnes) sont en fait constitué de 40% de molécules à base de carbone (l’un de nos plus grands polluants atmosphériques) le reste est de l’eau et une minime quantité de minéraux… Autant dire, une véritable usine d’épuration!

Ce dont ils ont besoin

Très peu de chose en réalité : un substrat minéral et organique (de la terre), du gaz carbonique (le C dans le CO2), de la lumière et de l’eau… Ces grands êtres sympathiques sont d’une simplicité et d’une humilité fascinante!

 

Les arbres généreux

Et là, le contraste est extraordinaire; l’arbre pourrait évidemment se passer de l’homme mais l’homme a un besoin viscéral des arbres! Outre, les fonctions évidentes de fournir des aliments, des médicaments, des matières premières industrielles, voici une liste non-exhaustive de ce que les arbres apportent à notre quotidien :

  • L’arbre est un organisme tellement généreux qu’il offre son ombre à ceux qui viennent l’abattre » – Lord Bouddha. Leur ombre procure en effet l’ambiance estivale, rafraichie les villes bétonnées, les maisons, les piétons et les automobiles. Entourée d’arbres, une maison économise entre 20 et 25% d’énergie! Mais aussi elle participe positivement aux enjeux de santé publique.
  • À l’issue de laborieux calculs statistiques, on sait maintenant que les arbres diminuent la violence, les agressions, attirent dehors les habitants qui forment alors une surveillance, diminuent les graffitis, diminuent le taux d’enfants laissés à eux-mêmes, améliorent les relations familiales et de couple, diminue la fatigue mentale, augmente la capacité de concentration, améliore la discipline des enfants, assurent un meilleure récupération des patients hospitalisés, et ces patients demandent moins d’analgésiques, subissent moins de complications et rentrent chez eux plus tôt…
  • Le jeu d’évaporation-transpiration dont l’arbre est responsable permet d’augmenter l’humidité de l’air et de diminuer la température. Il envoie des quantités fabuleuses de vapeur d’eau ainsi que des composé volatiles organiques (les fameux COV) qui ont une fonction très particulières : elles permettent aux molécules d’eau de s’agglomérer pour constituer des gouttelettes qui tomberont sous forme de pluie! Ainsi, les forêts « contrôlent » l’apparition des pluies! Quelques hectares de forêt suffisent pour qu’il pleuve!
  • Ils produisent des ions négatifs (notamment le pin) ce qui a des effets positifs sur notre santé et notre humeur et engendre même un sentiment d’euphorie!
  • Ils purifient l’air en absorbant le CO2, ce gaz qui pollue notre atmosphère, dont il garde le C (gaz carbonique) et nous restitue l’O2 (l’oxygène).
  • Ils purifient aussi d’autres polluants typiques de l’atmosphère urbaine : particules de métaux lourds, plomb, cadmium, manganèse, suies, polluants gazeux, oxydes d’azote, NO et NO2, oxyde de souffre, monoxyde de carbone, CO, et ozone O3. Stockés dans les feuilles et les bois, on comprend toute l’importance des grands et vieux arbres!
  • Ils servent de brise-vent
  • Ils retiennent les sols contre l’érosion,
  • Ils atténuent les bruits de la ville,
  • Ils assèchent les sous-sols et les caves
  • Ils émettent des essences aromatiques qui éloignent les insectes, détruisent les moisissures et sont bactéricides. Notamment, le sapin baumier du Canada!

Les arbres communiquent

Bien qu’ils nous semblent discrets, les arbres communiquent entre eux (par voie aérienne et souterraine) et avec les animaux !
D’une part, grâce aux champignons mychorhiziens, les arbres (de même espèce ou d’espèces différentes) font transiter l’eau et les sels minéraux vers les racines, formant ainsi un vaste réseau au sein de la forêt. Si l’un des arbres du réseau manque d’eau ou soufre d’une carence minérale ou d’une attaque pathogène, les autres lui font parvenir ce dont il a besoin via le champignon qui parcours parfois plusieurs kilomètres!
Un exemple de cette capacité de communication aérienne a été mis à jour en 1990 en Afrique du Sud alors que des chercheurs ont réalisé que des acacias (petits arbres en Afrique), servant de nourriture aux antilopes, génèrent une modification biochimique qui rend les feuilles impropres à la consommation dès que les feuilles sont grignotées. Un signal aérien est alors envoyé aux autres acacias pour qu’ils commencent à générer cette transformation avant que les antilopes se rendent à eux! Comme le message se rend par les airs, les antilopes ont pris l’habitude de se déplacer en remontant le vent, vers les acacias qui n’ont pas encore reçu le message!

 

L’influence de la lune ou la revanche de la biodynamie!

Les vieux fermiers et ceux qui utilisent le calendrier de biodynamie, comptent les phases de la lune pour tous les travaux du jardinage : semer, transplanter, bouturer, etc… C’est avec une certaine condescendance que plusieurs scientifiques qualifiaient cette pratique de subjective…
Or, il apparait que le diamètre des troncs et la hauteur totale des arbres varient avec la marée. Qui plus est, si la lune et le soleil tirent dans le même sens, il en résulte une fertilisation et une pollinisation accrue. En Suisse, traditionnellement, les maisons de bois construites avec du « bois de lune » dureront 3 siècles alors que les maisons construites en bois coupé à n’importe quelle autre période dureront 50 ans! Les Suisses sont même capables de construire des cheminés en bois, devenues incombustibles en étant recueillis à la bonne période! Même les luthiers de haute réputation n’achètent que du « bois de lune »…

Vivants mais immortels?

Est-ce possible?
Les arbres ne sont pas seulement les plus grands spécimens vivants sur terre (les redwood de Californie ont 120m), ils sont aussi les plus vieux (Le « Parthénon » en Californie a 3000 ans, les Pinus longaeva en Californie ont 5000 ans, le Houx royale de Tasmanie a 43 000 ans!).

Il semblerait que certains arbres n’ont pas de programme de sénescence, c’est à dire que placés dans des conditions idéales, sans attaque, sans danger : ils ne mourront pas. Nous les humains avons un programme de sénescence qui s’explique avec nos 26 000 gènes (particules héréditaires) qui sont responsables de la couleur de nos caractères physiques. À la naissance, tous ces gènes sont actifs mais au fur et à mesure des années, les gènes s’éteignent, jusqu’à notre dernier souffle! C’est ce qu’on appelle la sénescence, ou la vieillesse. Certains arbres échappent à ce phénomène; leur croissance est stoppée en hiver, mais, à chaque printemps les gènes sont réactivés! De plus, à partir d’un arbre mort depuis longtemps, des clones prennent vie, leur donnant une durée de vie illimitée!
Le houx royal de Tasmanie, avec ses 43 000 ans, a germé au moment où l’homme de Néandertal cohabitait avec l’homme moderne! Son tronc est en fait constitué de plusieurs centaines de troncs étalés sur 1200 mètres!
Peut-on alors affirmer que l’arbre n’est pas « unique » mais « pluriel »? Les deux à la fois car contrairement à l’homme qui possède une seul génome stable, on trouve chez l’arbre une différence génétique selon les branches! L’arbre est donc à la fois un être et une colonie!

 

Les excréments des arbres

On serait tenté de penser que les déchets des arbres sont les feuilles mortes ou l’oxygène, mais en fait, il semblerait que le déchet majeur lui sert aussi de colonne vertébrale en quelque sorte! Il s’agit de la lignine, le tronc, la partie morte du bois qui se trouve à l’intérieur du cylindre formé par l’écorce, vivante et qui contient les vaisseaux de sève. Cette lignine leur permet d’affronter la pesanteur et les tenir à la verticale!

Anecdotes d’arbres

Nelson Mandela a répété qu’il devait sa survie et sa santé aux plantes alors qu’il était incarcéré à Robben Island pendant 27 ans. L’histoire raconte que ses gardiens de prison lui fournissaient des moitiés de bidon sciés remplis de bonne terre. Il y cultivait des légumes et des arbres fruitiers pour les co-détenus, et puis pour toute la prison et enfin pour la population de Robben Island! Dans son autobiographie il a écrit :

« je suis en prison mais mes plantes sont libres. »

Que craignent les arbres?
Nous… et rien d’autre… on ne leur connait aucun autre prédateur!

Aimer les arbres, c’est s’aimer soi-même

Pour le philosophe Robert Dumas, l’arbre est le « tuteur de l’humanité ». Quelle belle façon de côtoyer les arbres et de leur rendre hommage! Que faire pour leur montrer toute notre gratitude? Acquiescer aux « dix commandements pour les arbres » de Francis Hallé :

  • CIVISME et NON-VIOLENCE. S’interdire de les maltraiter, de les détruire ou de les soumettre à l’élagage sévère des branches ou des racines qui les marquent à vie et permettent une prolifération des bactéries qui peuvent amener des maladies et éventuellement la mort. Un arbre non-taillé est sans danger… (La taille est donc à proscrire, sauf pour la taille de formation et le bois mort qui pose un problème de sécurité)
  • PROTECTION. Considérer que leur compagnie devrait être un droit humain fondamental. Les protéger c’est aussi se protéger nous-même.
  • COMPÉTENCE et PRÉVOYANCE. Planter les bonnes espèces, aux bons endroits, dans les conditions favorables à leur expansion et leur santé optimale.
  • ANTICIPER. Planifier les villes, les quartiers, les terrains : les arbres en premiers, les bâtiments ensuite!
  • MODESTIE. Inutile de planter des gros calibres pour « gagner du temps »… C’est en fait une perte de temps et d’argent. Les gros arbres subissent un choc de transplantation plus intense et ont moins de chance de survivre. Prenons le temps de les voir grandir en beauté plutôt que d’essayer de gagner du temps…
  • HONNÊTETÉ. 10 jeunes arbres ne remplaceront jamais un grand vieil arbre abattu…
  • GRATITUDE et RESPECT. Les aimer, les adopter, même s’ils ne nous appartiendront jamais véritablement! Les considérer comme des être vivants, des partenaires, des alliés, des protecteurs et des amis.

 

D’après les ouvrages de Francis Hallé :« La vie des arbres », « Du bon usage des arbres », « Plaidoyer pour l’arbre » et « Le radeau des cimes : exploration des canopées forestières » (avec D. Cleyet-Marrel et G. Ebersolt).