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10 façons de « pimper » son jardin!

Pourquoi faire simple quand on peut faire « extraordinaire »?

Des idées pour toutes les bourses, tous les styles, tous les âges, des idées instantanées et d’autres qui demandent du temps, de l’imagination, du doigté et de la patience!

Cet article a fait l’objet d’une chronique à la TV de Cogeco à l’émission « On jase avec Pélo » le 20 mars 2017 à la minute 15:00!

 

SUGGESTION 1

Découvrez, contactez et achetez une œuvre d’art d’un artiste local!

 

On m’a écrit récemment : « le jardin n’a pas besoin d’art »… On s’entend; l’art n’est pas un besoin primaire dans la pyramide de Maslow! L’art au jardin est un luxe, un tout petit supplément d’âme, une paillette d’unicité et d’originalité! Ça parle de vous, de vos goûts et de vos valeurs! De plus, ça vous permet de vous approprier votre espace, de donner un cachet, une couleur à votre chez-vous!

 

Si la plupart d’entre nous décorons l’intérieur de nos maisons, pourquoi ne pas en faire autant avec l’extérieur?

 

C’est un investissement, il va de soi et il faut parfois budgéter pour l’œuvre qui a conquis notre coeur!  Mais bien choisie, cette œuvre peut prendre de la valeur avec les années. Qui plus est, privilégier un artiste local, c’est promouvoir le développement de l’économie local et des petits entrepreneurs.

 

En outre, disons les choses telles qu’elles sont : certaines œuvres d’art sont très abordables! Comme toutes choses, il faut évaluer son budget et magasiner! De toutes les façons, quelle agréable besogne que celle d’aller rencontrer les artistes locaux de votre région; ils sont les gardiens du temps et des mœurs car leur œuvres nous survivront et leur vision des choses parle de nos pratiques sociales, nos habitudes de vie, nos coutumes, nos traditions etc.

 

Vous trouverez dans le Groupe RAVIR (www.ravir.ca) , une liste non exhaustive d’artistes locaux dont vous pouvez avoir un aperçu du style et des oeuvres produites.

 

Dans le groupe Facebook « Vitrine : Arts visuels de l’Estrie » (https://www.facebook.com/groups/149765858416362/) vous pourrez également faire de belles découvertes!

 

Pour ma part, j’ai un coup de cœur pour ces quatre artistes :

 

Patrick Bergeron, Artisan3echroniquePelo-7 murailleur, architecte paysagiste et artiste! Un gars « ben groundé » qui s’inspire de la nature et travaille essentiellement et amoureusement la pierre qu’il marie avec des métaux et de la lumière. Ses œuvres inspirent la solidité et le mouvement. À voir.

(http://www.pierressechesdescantons.ca/amenagement-paysager-estrie/index.php)

 

Amélie Pomerleau, Artiste multidisciplinaire

https://www.facebook.com/amelie.pomerleau.5?fref=ts

Née en Alberta, grandie en Ontario et adoptée par l’Estrie, Amélie est une artiste de talent qui touche tant à la sculpture, la taille de pierre, le dessin, la gravure au jet de sable, la poterie et le modelage! Marquées d’un deuil de maman, les œuvres d’Amélie sont dotées d’une tendre profondeur et une maturité qui m’émeut. À découvrir si ce n’est déjà fait!

 

 

Luc Pelletier, Artiste en Arts Visuels

Luc est un artiste sportif, philosophe et citoyen engagé… Autodidacte, ses œuvres portent des messages, des critiques tout autant que de la poésie. Je l’ai vu à l’œuvre quand il s’est attaqué aux 10 sculptures qui ornent les Jardins d’Herbes Orford : la scie à chaîne avalant la fibre de bois au rythme de son inspiration comme un mouvement de yoga! Magnifique!

www.lucpelltier.ca

Francine Noël, Artiste imagière

Autodidacte (elle aussi) en Arts visuels, Francine Noël, a étudié la musique (oui!) et expose ses œuvres depuis 1990 comme peintre et en 3D depuis l’an 2000. Découragée par l’obsolescence programmée, elle est l’auteur de toute une série d’œuvres construites à partir d’objets récupérés pour protester contre la mode du prêt-à-jeter et résister à la désuétude des choses! Je suis charmée!

http://www.francinenoel.com/site_officiel/accueil.html

 

SUGGESTION 2

Ramener des oeuvres d’art ou des objets « spéciaux » de vos voyages et les disposer au jardin…

 

Quoi de mieux pour prolonger le sentiment d’être en vacances!! Petit conseil : vérifier quand même que les matériaux qui composent cet objet, ce souvenir ou cette oeuvre d’art vont survivre aux changements de température du Québec! En effet, même certains types de pierres et de béton ne sont pas conçus pour les grands froids de nos régions nordiques. La porosité qui laisse pénétrer l’eau peut occasionner des fendillements et même des éclatements du matériau.

Aussi, renseignez-vous sur la provenance des items : ces objets ont-il été conçu par des artisans et artistes rémunérés adéquatement et dans des conditions éthiques?

 

SUGGESTION 3

Une oeuvre d’art végétale ?

 

  • Mobilier en branches : quelle agréable façon de réutiliser des branches élaguées! Laissez-vous porter par vos inspirations et par les formes sinueuses de certaines branches! Gardez les branches élaguées de vos arbres fruitiers sous la neige: au printemps, plantés en pleine terre ils fleuriront une dernière fois! Vous trouverez de merveilleuses idées sur pinterest et quelques informations utiles dans ces livres :

 

« Making Bentwood trellises Arbors Gates Fences » Jim long.

« Rustic Furniture Basics » de Doug Stowe

 

Kim Vergil (la grande prêtresse du mobilier de branches au Québec!) donne des ateliers vraiment plaisants de création de mobilier en branches  http://www.kimvergil.com

 

  • Jouer avec la forme du potager ou des plate-bandes!

Un magnifique exemple de cela a été créé à l’Académie Jardin de Vie, où Mikael Zayat et Véronik Tanguay ont constitué un labyrinthe (sur le modèle du très célèbre Labyrinthe de Chartres) dont les « murs » sont des vivaces médicinales, comestibles ou condimentaires! Les visiteurs sont toujours intrigués et la curiosité fait rapidement place au plaisir, à l’intériorisation et la contemplation!

Mais les formes que peuvent prendre une plate-bande ne sont limitées que par votre l’immensité de votre imagination! Roue de la médecine, mandala, fromes géographiques ou organiques etc…

 

SUGGESTION 4

Le Jardin vintage! (récupération)

 

La chasse aux trésors peut commencer…! Deux façons de faire sont ici possibles : soit vous partez avec une idée et vous magasinez les matériaux ensuite. Soit vous magasinez les matériaux et l’idée va germer à partir de là!

Les sources possible de matériaux et d’objets divers sont les magasins d’antiquités, les entreprises de récupération (Matériaux récupérés de l’Estrie à St-Denis-de-Brompton), les Écocentres (ils ont parfois une tente à l’extérieur où l’on peut prendre et laisser des objets à notre convenance, comme une ressourcerie), les organismes de bienfaisance (Estrie Aide, Partage St-François), les sites web de vente d’objets seconde main (kijiji et Les Pac).

Quelques idées en vrac :

  • Débutez une collection de pots inusités pour y planter des fleurs, des fines herbes (des bottes de pluie, des théières… )
  • Cachez des objets dans la nature et laissez vos invités jouer à « où est Charlie »
  • Un petit tour à la bibio : «  Un art de vivre : Jardin Vintage » de Sally Coulthard

 

SUGGESTION 5

Construisez un hôtel à insectes!

 

Celui qu’on peut admirer dans les jardins en permaculture d’Herbes Orford est certainement un hôtel 5 étoiles! Mais il en existe de plus petites versions (style B&B!) facilement confectionnés en quelques heures! Un vieux tiroir ou une boite de bois, des bouts de bois, des branches de différents diamètres, des cocotes, de la mousse, une buche de petite dimension, de la broche à poule et de la paille, un marteau, des clous, une perceuse… et un directeur des opérations de 5 à 13 ans si possible… C’est tout ce que ça prend vraiment! Mais au-delà du plaisir que vous aurez à construire cet établissement hôtelier de prestige (!) sachez que vous aurez un impact sur la diversité de votre écosystème; en français, ça veut dire que plus vous avez de variété d’insectes utiles au jardins, plus ils lutteront contre les parasites, attireront les oiseaux, polliniseront votre potager et vos fleurs! Tout ça pendant que vous vous prélassez dans ma suggestion no10…

SUGGESTION 6

Jouez avec l’eau!

 

Collectez l’eau de pluie dans un baril et connectez-le à un boyau d’arrosage jusqu’au carré de sable! Mes enfants s’amusent pendant des heures à créer des ruisseaux et des barrages autour des châteaux, entre les tracteurs Tonka! Ajoutez des grosses pierres, des briques, des bouts de tuyau en PVC, des seaux de différentes tailles. L’imaginaire des tout-petits est décuplée quand on y ajoute un peu d’eau fraiche! Qui dit plaisir d’enfants, dit parents contents!

SUGGESTION 7

Jouez avec la lumière!

 

Des miroirs encadrés et des vitraux suspendus dans les arbres ajoutent toute une gamme de couleurs en mouvement dans votre jardin, et ce, été comme hiver! Je vous conseille d’en mettre plusieurs (au minimum 5) pour atteindre l’effet recherché!

Le soir venu, des lanternes suspendues ou des chandelles placées dans des sacs de papier ou des petites pots masson égayent les soupers entre amis! Vous pouvez les placer le long d’un sentier ou au centre de la table à manger!

 

SUGGESTION 8

Le Land Art (Éphémérysage);

 

C’est de l’art éphémère dans la nature! Pas besoin d’outils; nos mains suffiront! Pas besoin d’acheter des matériaux ; la nature nous les fournira! Pas besoin de savoir dessiner, sculpter, peindre, jouer de la musique ou bricoler! Il faut simplement dialoguer avec la nature! C’est une forme d’art qui amène à se connecter à notre environnement et à se concentrer sur le moment présent. C’est complètement intuitif et naturel pour les enfants, mais les adultes y gagnent beaucoup parce que ça libère leur potentiel artistique!

Il existe une panoplie de livres fantastiques sur le Land Art et vous trouverez des œuvres immensément intéressantes et incroyables sur internet mais mon conseil no 1 est : n’allez pas les voir!! Prendre conscience des œuvres des autres et professionnels résulte plus souvent qu’autrement à tuer l’inspiration! Le Land Art est plus une affaire de processus que de résultat!

 

Prenez un atelier de Land Art ou encore laissez-vous guider par ce que vous trouvez sur votre terrain!

 

SUGGESTION 9

Un jardin de fées !

 

Le Jardin de fée est un clin d’œil aux écosystèmes, une ode à l’enfance et à la miniaturisation mais c’est aussi le jardin le plus facile à entretenir! Mon jardin des fées est inspiré du modèle des « tables des saisons » de la philosophie Steiner Waldorf… C’est une activité qui souligne les saisons et les rythmes, mais aussi le respect de la nature et des successions! Concrètement, il faut un grand pot à fleur, une jardinière ou une auge. Il faut que ce contenant puisse rester dehors, été comme hiver. Assurez-vous qu’il y ait des trous d’écoulement au fond et remplissez de terre. La terre qu’on trouve… à terre… Sur cette terre, on aménage une scène avec les objets trouvés sur le lieu: une colline, une petite maison, une grotte, un chemin, un bassin d’eau… On peut y inclure des personnages et des animaux qu’on aura créés avec les matériaux trouvés sur place. On peut ajouter des galets, des branches… Et sur ce qui reste de terre on met… rien… rien du tout! Le temps va faire son oeuvre! La première année on va découvrir des espèces colonisatrices et adventices; ces fameuses mauvaises herbes! Mais dans notre jardin de fées, ces mauvaises herbes sont tout sauf mauvaises, elles sont merveilleuses et leur couleurs sont bienvenue! Avec les années, les mousses vont s’implanter, puis des plantes indigènes. Jamais on ne les arrache mais on peut jouer avec les éléments inertes du décor. Aux équinoxes et aux solstices, on peut changer des éléments du décor : ajouter des personnages, rénover la maison, construire un tipi! Et le jardin de fée va évoluer au rythme des saisons… comme les enfants!

SUGGESTION 10

Un lounge improvisé! Ou lala…

 

Un tapis, des coussins à profusion, un parasol, un bon livre, un verre de sangria (par personne, il va de soi). C’est ma définition du bonheur simple et à petit prix!

 

J’ai le goût de vous dire : n’ayez pas peur d’essayer différentes choses dans votre aménagement! Prenez des photos! Si ça n’a pas l’effet escompté, essayez de déplacer l’oeuvre dans un autre endroit de votre terrain: à l’ombre, entouré de végétaux, contre un mur aveugle, suspendu, etc!

Je veux voir vos créations! Je veux vous entendre dire que vous avez connecté avec votre environnement, que vous avez eu du plaisir! Avez-vous collectionné des rires aujourd’hui? Montrez-moi vos œuvres! Soyez l’inspiration pour d’autres! Je vous donne rendez-vous sur ma page Facebook : https://www.facebook.com/1C1stephanie/

sd@stephaniedesmeules.com

 

 

 

 

 

Jardins Thérapeutiques

Vous pourriez choisir des végétaux à l’aveugle et les placer à peu près n’importe où sur votre terrain et déjà, vous auriez un aménagement qui aurait participé à votre santé…  Pourquoi? Simplement parce que vous avez connecté avec votre environnement, les deux mains dans la terre!

Mais ce ne serait pas un jardin thérapeutique! Qu’est-ce que ça prend pour pouvoir porter ce vocable?

La nature, thérapeutique par essence

À l’issue de laborieux calculs statistiques et de recherches scientifiques menés dans plusieurs pays, on sait maintenant que l’interaction passive ou active avec la nature

  • diminue la violence, l’impulsivité et les agressions,
  • améliore les relations familiales et de couple,
  • diminue la fatigue mentale, le stress et la myopie
  • a des effets positifs sur l’humeur et engendre même un sentiment d’euphorie,
  • permet une meilleure concentration, un système immunitaire plus performant, une meilleure santé des os
  • améliore les symptômes de l’hyperactivité et du déficit d’attention, la résilience, l’empathie et la vitalité
  • améliore la détresse émotionnelle et la souffrance physique des patients, des familles et du personnel soignant en milieu hospitalier.
  • assure une meilleure récupération des patients hospitalisés qui demandent alors moins d’analgésiques, subissent moins de complications et rentrent chez eux plus tôt… (wow…)

 

La base

À la base du Jardin thérapeutique, deux théories :

  1. Celle de la biophilia par le Psychologue Social Erich Fromm qui se définit comme : « la passion innée que tout humain a pour la vie, l’humanité et la nature ». Dérivé du latin bio (vie) et philia (attirance);
  2. La théorie de « l’esthétique de l’environnement» par le Géographe Jay Appleton qui suppose que les préférences esthétiques, artistiques et en aménagement dérivent des perceptions de ce dont nous avons besoin pour la survie. Bien que nous ne soyons plus des chasseurs-cueilleurs, nous répondons encore positivement à une organisation qui aurait permis la survie de notre espère : refuge, sécurité, nourriture, eau, lumière et air frais.

Pour obtenir le vocable de « thérapeutique », certains critères s’appliquent! Le jardin thérapeutique est dessiné et pensé pour une population spécifique avec pour intention d’améliorer la santé des utilisateurs. Ainsi,il y a tout un paquet de critères auxquels il faut penser pour le bien-être des usagers: l’ombre, les endroits pour s’asseoir, le control de l’usager sur son environnement, l’intimité, le langage des formes, la présence ou non de bassins d’eau, l’entretien prévu à court-moyen et long-terme, les vues possibles de l’intérieur, l’accès à la lumière naturelle de l’intérieur, le degré de fragilité des usagers, les qualités désirables des plantations proposées et la connaissance de la toxicité relative des plantes utilisées, la connection passive et active que cet aménagement peut apporter, gestion des vents, etc…

 

Ainsi, « planter n’importe quelle plante n’importe où » sur votre terrain vous apporterait un bien-être immédiat, mais parions qu’à moyen et long termes, vous éprouveriez quelques inconforts!

À qui s’adressent les Jardins thérapeutiques?

 

Les jardins thérapeutiques sont un accompagnement aux populations à risque ou fragilisées (les gens ayant une maladie chroniqus, maladie mentale ou maladies dégénérative, sénescence, fin de vie, problèmes de comportement, etc), mais ils constituent aussi un formidable outil de prévention et un support naturel et non-invasif pour les soins à prodiguer aux humains de tous âges! Supportés par de nombreuses recherches scientifiques ainsi que des des bases de données sur le design ergonomique centré sur l’humain (« Human centre design »), les Jardins Thérapeutiques constituent un médium de choix dans l’atteinte d’objectifs de pédagogie et de mieux-être.

 

C’est pourquoi j’ai orienté ma pratique non pas sur les modes passagères, les designs en vogue et les mobiliers de l’heure (sans les exclure) mais bien sur la spécificité des clients et des usagers qui cherchent à vivre une saine spiritualité en lien avec leur santé et un havre de repos dans un monde où la frénésie, les écrans et le multi-tasking constituent la base du quotidien!

Des radeaux, des racines et des cîmes

Aujourd’hui j’ai le gout de vous faire pénétrer le monde des arbres… au delà d’un être vivant recouvert d’écorce! J’ai découvert Francis Hallé à la radio et son discours m’a fasciné! Je me suis ruée à la bibliothèque et ai emprunté tous ses ouvrages! Les j’ai dévorés l’un après l’autre et j’aj pensé vous en offrir parmi mes plus belles découvertes!

Ce qu’est un arbre…

 

Tout le monde sait ce qu’est un arbre n’est-ce pas?

Bizarrement, même Francis Hallé, ce scientifique de renommée internationale, botaniste, biologiste, dendrologue, découvreur de l’ « Architecture botanique » et explorateur de la canopée tropicale sur son Radeau des cîmes, peine à trouver une définition qui convienne parfaitement!… Bien qu’il leur ait consacré toute sa vie et contribué à renouveler notre regard sur leurs modes de fonctionnement, il avoue que plus nous en apprenons sur les arbres, plus nous réalisons l’ampleur de notre ignorance vis-à-vis eux!…

On pensait Une définition de l’arbre jonglerait avec la taille; certains sont de très grands (jusqu’à mètres), d’autres n’ont que des racines et des feuilles qui sortent de la terre, pas de tronc! Il faudrait aussi statuer sur les caractéristiques physiques ; sur les 70 000 espèces d’arbres connus présentement, certains ont des racines qui creusent jusqu’à mètres sous terre, d’autres des racines aériennes ou très superficielles, certains font des rejets, d’autres pas, des arbres ont le bois « mou », les autres sont qualifiés de bois « dur » ou « noble », on peut en manger mais certains sont à la fois thérapeutiques et toxiques !

 

Et que dire de ceux qui sont potentiellement immortels ?

De quoi est constitué un arbre ? Les centaines de mètres cube de bois (qui peuvent aller jusqu’à des milliers de tonnes) sont en fait constitué de 40% de molécules à base de carbone (l’un de nos plus grands polluants atmosphériques) le reste est de l’eau et une minime quantité de minéraux… Autant dire, une véritable usine d’épuration!

Ce dont ils ont besoin

Très peu de chose en réalité : un substrat minéral et organique (de la terre), du gaz carbonique (le C dans le CO2), de la lumière et de l’eau… Ces grands êtres sympathiques sont d’une simplicité et d’une humilité fascinante!

 

Les arbres généreux

Et là, le contraste est extraordinaire; l’arbre pourrait évidemment se passer de l’homme mais l’homme a un besoin viscéral des arbres! Outre, les fonctions évidentes de fournir des aliments, des médicaments, des matières premières industrielles, voici une liste non-exhaustive de ce que les arbres apportent à notre quotidien :

  • L’arbre est un organisme tellement généreux qu’il offre son ombre à ceux qui viennent l’abattre » – Lord Bouddha. Leur ombre procure en effet l’ambiance estivale, rafraichie les villes bétonnées, les maisons, les piétons et les automobiles. Entourée d’arbres, une maison économise entre 20 et 25% d’énergie! Mais aussi elle participe positivement aux enjeux de santé publique.
  • À l’issue de laborieux calculs statistiques, on sait maintenant que les arbres diminuent la violence, les agressions, attirent dehors les habitants qui forment alors une surveillance, diminuent les graffitis, diminuent le taux d’enfants laissés à eux-mêmes, améliorent les relations familiales et de couple, diminue la fatigue mentale, augmente la capacité de concentration, améliore la discipline des enfants, assurent un meilleure récupération des patients hospitalisés, et ces patients demandent moins d’analgésiques, subissent moins de complications et rentrent chez eux plus tôt…
  • Le jeu d’évaporation-transpiration dont l’arbre est responsable permet d’augmenter l’humidité de l’air et de diminuer la température. Il envoie des quantités fabuleuses de vapeur d’eau ainsi que des composé volatiles organiques (les fameux COV) qui ont une fonction très particulières : elles permettent aux molécules d’eau de s’agglomérer pour constituer des gouttelettes qui tomberont sous forme de pluie! Ainsi, les forêts « contrôlent » l’apparition des pluies! Quelques hectares de forêt suffisent pour qu’il pleuve!
  • Ils produisent des ions négatifs (notamment le pin) ce qui a des effets positifs sur notre santé et notre humeur et engendre même un sentiment d’euphorie!
  • Ils purifient l’air en absorbant le CO2, ce gaz qui pollue notre atmosphère, dont il garde le C (gaz carbonique) et nous restitue l’O2 (l’oxygène).
  • Ils purifient aussi d’autres polluants typiques de l’atmosphère urbaine : particules de métaux lourds, plomb, cadmium, manganèse, suies, polluants gazeux, oxydes d’azote, NO et NO2, oxyde de souffre, monoxyde de carbone, CO, et ozone O3. Stockés dans les feuilles et les bois, on comprend toute l’importance des grands et vieux arbres!
  • Ils servent de brise-vent
  • Ils retiennent les sols contre l’érosion,
  • Ils atténuent les bruits de la ville,
  • Ils assèchent les sous-sols et les caves
  • Ils émettent des essences aromatiques qui éloignent les insectes, détruisent les moisissures et sont bactéricides. Notamment, le sapin baumier du Canada!

Les arbres communiquent

Bien qu’ils nous semblent discrets, les arbres communiquent entre eux (par voie aérienne et souterraine) et avec les animaux !
D’une part, grâce aux champignons mychorhiziens, les arbres (de même espèce ou d’espèces différentes) font transiter l’eau et les sels minéraux vers les racines, formant ainsi un vaste réseau au sein de la forêt. Si l’un des arbres du réseau manque d’eau ou soufre d’une carence minérale ou d’une attaque pathogène, les autres lui font parvenir ce dont il a besoin via le champignon qui parcours parfois plusieurs kilomètres!
Un exemple de cette capacité de communication aérienne a été mis à jour en 1990 en Afrique du Sud alors que des chercheurs ont réalisé que des acacias (petits arbres en Afrique), servant de nourriture aux antilopes, génèrent une modification biochimique qui rend les feuilles impropres à la consommation dès que les feuilles sont grignotées. Un signal aérien est alors envoyé aux autres acacias pour qu’ils commencent à générer cette transformation avant que les antilopes se rendent à eux! Comme le message se rend par les airs, les antilopes ont pris l’habitude de se déplacer en remontant le vent, vers les acacias qui n’ont pas encore reçu le message!

 

L’influence de la lune ou la revanche de la biodynamie!

Les vieux fermiers et ceux qui utilisent le calendrier de biodynamie, comptent les phases de la lune pour tous les travaux du jardinage : semer, transplanter, bouturer, etc… C’est avec une certaine condescendance que plusieurs scientifiques qualifiaient cette pratique de subjective…
Or, il apparait que le diamètre des troncs et la hauteur totale des arbres varient avec la marée. Qui plus est, si la lune et le soleil tirent dans le même sens, il en résulte une fertilisation et une pollinisation accrue. En Suisse, traditionnellement, les maisons de bois construites avec du « bois de lune » dureront 3 siècles alors que les maisons construites en bois coupé à n’importe quelle autre période dureront 50 ans! Les Suisses sont même capables de construire des cheminés en bois, devenues incombustibles en étant recueillis à la bonne période! Même les luthiers de haute réputation n’achètent que du « bois de lune »…

Vivants mais immortels?

Est-ce possible?
Les arbres ne sont pas seulement les plus grands spécimens vivants sur terre (les redwood de Californie ont 120m), ils sont aussi les plus vieux (Le « Parthénon » en Californie a 3000 ans, les Pinus longaeva en Californie ont 5000 ans, le Houx royale de Tasmanie a 43 000 ans!).

Il semblerait que certains arbres n’ont pas de programme de sénescence, c’est à dire que placés dans des conditions idéales, sans attaque, sans danger : ils ne mourront pas. Nous les humains avons un programme de sénescence qui s’explique avec nos 26 000 gènes (particules héréditaires) qui sont responsables de la couleur de nos caractères physiques. À la naissance, tous ces gènes sont actifs mais au fur et à mesure des années, les gènes s’éteignent, jusqu’à notre dernier souffle! C’est ce qu’on appelle la sénescence, ou la vieillesse. Certains arbres échappent à ce phénomène; leur croissance est stoppée en hiver, mais, à chaque printemps les gènes sont réactivés! De plus, à partir d’un arbre mort depuis longtemps, des clones prennent vie, leur donnant une durée de vie illimitée!
Le houx royal de Tasmanie, avec ses 43 000 ans, a germé au moment où l’homme de Néandertal cohabitait avec l’homme moderne! Son tronc est en fait constitué de plusieurs centaines de troncs étalés sur 1200 mètres!
Peut-on alors affirmer que l’arbre n’est pas « unique » mais « pluriel »? Les deux à la fois car contrairement à l’homme qui possède une seul génome stable, on trouve chez l’arbre une différence génétique selon les branches! L’arbre est donc à la fois un être et une colonie!

 

Les excréments des arbres

On serait tenté de penser que les déchets des arbres sont les feuilles mortes ou l’oxygène, mais en fait, il semblerait que le déchet majeur lui sert aussi de colonne vertébrale en quelque sorte! Il s’agit de la lignine, le tronc, la partie morte du bois qui se trouve à l’intérieur du cylindre formé par l’écorce, vivante et qui contient les vaisseaux de sève. Cette lignine leur permet d’affronter la pesanteur et les tenir à la verticale!

Anecdotes d’arbres

Nelson Mandela a répété qu’il devait sa survie et sa santé aux plantes alors qu’il était incarcéré à Robben Island pendant 27 ans. L’histoire raconte que ses gardiens de prison lui fournissaient des moitiés de bidon sciés remplis de bonne terre. Il y cultivait des légumes et des arbres fruitiers pour les co-détenus, et puis pour toute la prison et enfin pour la population de Robben Island! Dans son autobiographie il a écrit :

« je suis en prison mais mes plantes sont libres. »

Que craignent les arbres?
Nous… et rien d’autre… on ne leur connait aucun autre prédateur!

Aimer les arbres, c’est s’aimer soi-même

Pour le philosophe Robert Dumas, l’arbre est le « tuteur de l’humanité ». Quelle belle façon de côtoyer les arbres et de leur rendre hommage! Que faire pour leur montrer toute notre gratitude? Acquiescer aux « dix commandements pour les arbres » de Francis Hallé :

  • CIVISME et NON-VIOLENCE. S’interdire de les maltraiter, de les détruire ou de les soumettre à l’élagage sévère des branches ou des racines qui les marquent à vie et permettent une prolifération des bactéries qui peuvent amener des maladies et éventuellement la mort. Un arbre non-taillé est sans danger… (La taille est donc à proscrire, sauf pour la taille de formation et le bois mort qui pose un problème de sécurité)
  • PROTECTION. Considérer que leur compagnie devrait être un droit humain fondamental. Les protéger c’est aussi se protéger nous-même.
  • COMPÉTENCE et PRÉVOYANCE. Planter les bonnes espèces, aux bons endroits, dans les conditions favorables à leur expansion et leur santé optimale.
  • ANTICIPER. Planifier les villes, les quartiers, les terrains : les arbres en premiers, les bâtiments ensuite!
  • MODESTIE. Inutile de planter des gros calibres pour « gagner du temps »… C’est en fait une perte de temps et d’argent. Les gros arbres subissent un choc de transplantation plus intense et ont moins de chance de survivre. Prenons le temps de les voir grandir en beauté plutôt que d’essayer de gagner du temps…
  • HONNÊTETÉ. 10 jeunes arbres ne remplaceront jamais un grand vieil arbre abattu…
  • GRATITUDE et RESPECT. Les aimer, les adopter, même s’ils ne nous appartiendront jamais véritablement! Les considérer comme des être vivants, des partenaires, des alliés, des protecteurs et des amis.

 

D’après les ouvrages de Francis Hallé :« La vie des arbres », « Du bon usage des arbres », « Plaidoyer pour l’arbre » et « Le radeau des cimes : exploration des canopées forestières » (avec D. Cleyet-Marrel et G. Ebersolt).